Je viens de me rendre à l'évidence, une année sans rien publier.
Un grosse année de transition avec d'abord la reprise d'une vie normale, c'est à dire du travail .
Qu'est ce que j'ai eu la trouille ce 1° matin de mars 2013 quand j'ai accueilli ces élèves que je ne connaissais pas pour la plupart ! Et même ceux que je connaissais , est ce qu'ils allaient voir une différence avec la prof qu'ils avaient eu avant ?
Et oui, il a fallu donner le change, et admettre aussi que je n'avais plus la même endurance qu'avant . Plus capable d'enchaîner des heures de cours.
J'ai du suivre  des séances de remédiation cognitive avec une neuropsychologue adorable . Je ne connaissais même pas cette spécialité . J'ai pu bénéficier de ces séances sur le conseil de mon orthophoniste. La neuropsychologue aide les gens victimes d'AVC comme moi, les malades d'Alzheimer et les enfants victimes de troubles de l'attention . Des séances compliquées pour moi, qui parfois me laissaient avec une grosse migraine mais qui au fil du temps sont devenues plus faciles . Elle a aussi réussi à me redonner confiance en moi, en mes compétences d'enseignante .
Le métier, c'est comme le vélo : cela ne s'oublie pas .
Par contre, tout m' a demandé plus de temps qu'avant, du coup, je n'ai réussi qu'à faire mes cours, rien de plus. Il a fallu beaucoup de repos aussi.
Et puis, apprendre à me moquer de moi, surtout quand je vidéoprojetais un mot avec une énorme faute d'orthographe, et oui, devenue sans raison dyslexique avec un clavier , pas avec un stylo !


Et puis tout à coup, l'ophtalmo a parlé d'opération de la cataracte, devenue urgente, à 47 ans . J'avais fait une forte impression à la rentrée en faisant l'appel des élèves, le nez littéralement collé sur ma feuille d'appel. Ils étaient prêts à demander le remboursement des places, sauf que pour eux, la place au spectacle est gratuite . Il a fallu leur faire un petit rappel sur la vision, leur expliquer que les troubles de le vue ne m'empêcheraient pas d'entendre les bêtises, les bavardages ...

Et un petit matin de septembre, en route pour la clinique. 
Le plus difficile a été après, quand les anesthésiants n'ont plus fait effet, que l'oeil s'est mis à pleurer sans arrêt . Personne ne m'avait prévenu, à tel point que le chirugien contacté en urgence  au téléphone m' a rassuré en me rappelant qu'il m'avait mis deux coups de couteaux dans l'oeil le matin même !
Et comment y voir avec un oeil tout neuf et un vieil oeil cataracteux?  Et bien, en enlevant un verre , et en faisant comme si tout allait bien. Tellement bien qu'il a fallu 3 semaines pour que mes élèves se rendent compte qu'il manquait quelque chose .
L'oeil neuf distingue mieux les couleurs, la cataracte jaunissait tout et dédoublait les choses : 3 gendarmes au coin de la rue alors qu'il n'y en avait que deux, je ne doublais plus les voitures .
Quelques semaines plus tard, le second oeil, en sachant ce qui m'attendait cette fois. Et comme pour le 1°, à l'arrêt des gouttes de cortisone, une douleur atroce , un éblouissement insoutenable pendant plusieurs jours .
Mais depuis, plus de lunettes, une nouvelle vie avec encore  l'habitude d'enlever des lunettes qui n'existent plus et de les chercher le matin. Pour être honnête, j'ai des lunettes pour voir de loin, pour conduire et regarder la télé.
Et du coup, comme par magie, la dyslexie quand je tapais a disparu. Plus besoin de lire par dessus, par dessous les lunettes. Et pour la 1° fois de ma vie, j'ai vu le fond de la piscine, c'est trop beau le carrelage  !
Et pas toujours bien propre aussi.

Voilà, un bilan positif, une reprise de vie normale mais avec une nouvelle composante à intégrer : la fatigue.