Un des bonheurs des vacances, c’est de pouvoir faire ce qui nous plaît et de faire plein de rencontres .
Aussi avons-nous profité de notre voisinage,
Dame Brunehilde et moi pour nous voir . Et oui, plus de Seine à traverser , seulement quelques contraintes liées aux marées  .
Comme Brunehilde avait suivi avec passion un stage sur le picot bigouden, nous en avons profité pour faire un petit vide grenier, mais surtout sans rien à vendre !

Elle a ainsi pu admirer les napperons et nappes crochetées par les artistes de la région, et les photographier .

Les coiffes étaient de sortie aussi, et là, une monumentale honte !!! aussi élevée que les coiffes  .

Elles étaient entassées dans deux cartons de lait, les rubans étaient chiffonnés, bref, un véritable souk bigouden.
A ma décharge, le trésor était entreposé quelque part chez beau papa, et j’avais du le voir deux ou trois fois en quinze ans de mariage … Un véritable trésor vous dis –je !
Du coup, armée d’un fer à repasser, j’ai redonné forme aux dizaines de rubans de coiffe et aux plus vieilles coiffes, celles de l’arrière grand-mère de mon cher et tendre.
Celles de sa grand-mère étaient encore raides dingues d’amidon, certaines étaient même toutes bleues de timidité ( une overdose de bleu reckit !)

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Et ensuite, qui dit trésor, dit chasse au trésor. Et oui, une après midi, avec mon fin limier de mari pour redonner à chaque coiffe son arrière brodé et ses rubans .
Mon Hercule Poirot a travaillé avec les vieilles de photo de mariage, pour essayer de dater relativement les coiffes . Il faut dire que la mariée arborant une coiffe, comme les autres femmes,  se reconnaissait à sa position centrale sur la photo, éventuellement à son bouquet de fleurs mais surtout à une couronne qui lui ceignait le front, en plus de sa coiffe.

Et là, horreur, malheur, après des heures d’enquête, on a eu des orphelines sur le carreau.
Ou bien la grand-mère était peu soigneuse, hypothèse totalement exclue par mon cher et tendre, ou bien crise déjà, des arrières de coiffe et des rubans étaient interchangeables !

On voit parfaitement bien avec notre vingtaine de coiffes l’évolution au cours des temps, avec une hauteur de plus en plus importante et aussi la différence entre les coiffes de tous les jours, à broderie plus simple,  usées et usées, raccommodées à cause des épingles et celles des cérémonies, ajourées, et bien conservées.

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Nous avons résisté à la mode chez certaines familles de faire démonter les coiffes et récupérer les motifs floraux pour faire des tableaux.

Et voici la compil des coiffes de la famille, l'héritage

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Et je profiterai l’été prochain pour faire un stage de repassage, oui mais pas de n’importe quoi, de repassage de coiffe. Car empeser la chose à l’amidon et la repasser sans la transformer en crêpe dentelle ( l’appétissante couleur dorée des crêpes est catastrophique pour la coiffe ) et bien, c’est tout un art …

Et pour conclure , la relève , pas franchement rassurée ( elle craignait que son père ne lui enfonce dans le crâne les longues épingles à coiffe )

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